chambre documentaire · Période

La première Conférence de La Haye crée un mécanisme permanent d’arbitrage

Créer un endroit où un État peut aller avant d’aller à la guerre

Temps1899TerritoireLa HayeÉchelleEntre États · Mondial
La question ouverte ici

Et si la paix consistait parfois simplement à créer une autre porte avant celle de la guerre ?

Le geste de paix

Donner aux États un lieu permanent auquel recourir lorsque la diplomatie ordinaire échoue.

01Médier
02inquiry
03Arbitrer
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Récit

Dates : 18 mai – 29 juillet 1899 Lieu : La Haye, Pays-Bas Initiative : Nicolas II, empereur de Russie, via les circulaires diplomatiques russes de 1898 Participants : vingt-six puissances représentées Résultat institutionnel majeur : Convention pour le règlement pacifique des conflits internationaux et création de la Cour permanente d’arbitrage Autres résultats : règles sur la guerre terrestre et déclarations concernant certains moyens de guerre Forme temporelle : conférence mondiale → conventions → institution permanente

À la fin du XIXe siècle, l’Europe est engagée dans une course aux armements.

Les progrès industriels rendent les armées plus nombreuses, les armes plus puissantes et les dépenses militaires plus lourdes.

En 1898, la Russie appelle à une conférence internationale.

La formulation est ambitieuse :

chercher des moyens d’assurer une paix réelle et durable et surtout de limiter le développement progressif des armements.

Le 18 mai 1899, les représentants de vingt-six puissances se réunissent à La Haye.

Ils travaillent jusqu’au 29 juillet.

Sur l’objectif le plus spectaculaire — arrêter ou réduire la course aux armements — la conférence n’obtient pas le résultat espéré.

Mais elle produit quelque chose qui aura une très longue vie.

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Le problème : que faire lorsque la diplomatie échoue ?

Jusqu’alors, l’arbitrage international existe déjà.

Plusieurs différends ont été soumis à des arbitres.

L’arbitrage de l’Alabama entre les États-Unis et le Royaume-Uni en 1871–1872 avait notamment montré qu’un conflit extrêmement grave pouvait être traité par une procédure juridique plutôt que militaire.

Mais il n’existe pas encore de mécanisme mondial permanent accessible aux États.

La convention adoptée à La Haye affirme que les puissances doivent s’efforcer de régler pacifiquement leurs différends et organise plusieurs outils :

  • bons offices ;
  • médiation ;
  • commissions internationales d’enquête ;
  • arbitrage.

Puis elle crée la Cour permanente d’arbitrage.

Le nom peut induire en erreur.

Il ne s’agit pas d’une cour permanente avec des juges siégeant continuellement comme une juridiction moderne.

Il s’agit d’une infrastructure permanente permettant de constituer plus facilement des tribunaux arbitraux lorsque des États en ont besoin.

Mais cette permanence change tout.

L’arbitrage n’est plus seulement une solution improvisée après une crise.

Il possède désormais :

un cadre, des règles, un bureau, une liste d’arbitres, une continuité institutionnelle.

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Une transformation du temps politique

Cette invention est passionnante pour l’interface.

Avant :

désaccord → diplomatie échoue → mobilisation → guerre

La Haye insère plusieurs espaces entre les deux :

désaccord

bons offices

médiation

enquête

arbitrage

règlement

La paix consiste ici à ajouter du temps et des procédures avant la violence.

C’est presque une architecture de ralentissement.

Au lieu que la crise se transforme immédiatement en affrontement, de nouvelles étapes deviennent disponibles.

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Une conférence de paix qui codifie aussi la guerre

La conférence adopte également des règles sur les lois et coutumes de la guerre terrestre.

Elle reprend et développe une tradition déjà présente à Bruxelles, Genève et Saint-Pétersbourg.

Le règlement de 1899 traite notamment :

  • du statut des combattants ;
  • du traitement humain des prisonniers de guerre ;
  • des hostilités ;
  • des armistices ;
  • de l’occupation ;
  • de certaines protections des populations.

Cette coexistence est fondamentale.

La Conférence de La Haye travaille à la fois sur :

comment éviter la guerre

et

comment limiter la guerre lorsqu’elle a lieu.

La chronologie peut représenter ces deux branches comme deux racines issues d’une même conférence.

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L’échec du désarmement n’est pas un détail

La conférence avait été convoquée en grande partie face au développement des armements.

Elle n’arrête pas la course.

Les grandes puissances continuent d’augmenter leurs capacités militaires.

Quinze ans plus tard, l’Europe entre dans la Première Guerre mondiale.

Il serait donc absurde de présenter 1899 comme la naissance réussie d’un nouvel ordre pacifique.

Mais l’échec partiel contient une leçon importante pour la chronologie :

une institution peut échouer à réaliser son objectif maximal tout en créant un outil qui survivra pendant plus d’un siècle.

La Cour permanente d’arbitrage existe toujours.

La paix peut progresser par fragments institutionnels au milieu d’un échec beaucoup plus large.

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Les absences de la conférence

La conférence rassemble des puissances d’Europe, des Amériques et d’Asie, mais le monde colonial reste massivement représenté à travers les empires qui dominent les territoires.

Les peuples colonisés ne disposent pas de représentation souveraine propre.

La paix « internationale » de 1899 reste donc en grande partie une paix pensée entre États reconnus comme membres du système international de l’époque.

Cette limite doit être visible.

Elle est d’autant plus importante que Parihaka se trouve dans le même bloc.

D’un côté :

des puissances discutent à La Haye de la limitation des conflits entre elles.

De l’autre :

les structures coloniales qui ont permis l’invasion et la confiscation de Parihaka appartiennent à ce même ordre mondial.

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La connexion avec l’Union interparlementaire

Le site peut raconter une filiation politique très concrète.

Depuis les années 1880, Passy, Cremer et le réseau interparlementaire militent pour l’arbitrage.

L’IPU affirme avoir joué un rôle important dans le mouvement ayant conduit à la création de la Cour permanente d’arbitrage.

La Haye devient alors une démonstration parfaite du fonctionnement de cette « autre histoire » :

une idée circule longtemps avant d’obtenir une institution.

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Bertha von Suttner à La Haye

Bertha von Suttner soutient également la conférence et s’y rend.

Elle organise, écrit, correspond et rapporte les travaux pour la presse.

La page peut donc montrer un moment assez extraordinaire :

1899 : le réseau parlementaire, le mouvement pacifiste, les écrivains et les diplomates se croisent autour du même événement.

La chronologie cesse d’être une suite de cases indépendantes.

Elle devient un écosystème.

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Question posée au visiteur

Et si la paix consistait parfois simplement à créer une autre porte avant celle de la guerre ?

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Limites

  • la conférence ne réalise pas le désarmement général espéré ;
  • l’arbitrage reste largement volontaire ;
  • le système international est colonial et profondément inégalitaire ;
  • les États continuent à préparer la guerre ;
  • les règles adoptées ne sont pas toujours respectées ;
  • la Première Guerre mondiale démontrera la fragilité de l’architecture.

Mais la structure créée en 1899 survivra.

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Limites, tensions et contexte

Les puissances participantes poursuivent parallèlement guerres coloniales et courses aux armements ; l’innovation institutionnelle coexiste avec ces violences.

Changer d’axe

Cette histoire appartient à plusieurs temps.

Créer d’autres portes avant la guerreQuelles procédures ajoutent du temps et des choix avant la violence ?

Constellation documentaire

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Provenance

Sources, contexte et possibilité de vérification.

  1. Permanent Court of ArbitrationHistoryinstitutional history · vérifié le 2026-08-11
  2. CICRCICR — Convention de La Haye de 1899 sur les lois et coutumes de la guerre terrestredocumentary source · vérifié le 2026-08-15

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